1. EAU POTABLE
L'approvisionnement en eau potable de l'Aéroport est assuré par la Société des Eaux de Marseille via le réseau intercommunal de l'ouest de l'agglomération marseillaise.
Le réseau aéroportuaire dessert l'ensemble des utilisateurs.
Depuis plus de 15 ans, l'Aéroport s'est lancé dans une politique systématique d'économie de la ressource.
La décennie 1990/2000 a été marquée par la refonte complète des réseaux, ce qui a permis d'éliminer la quasi totalité des fuites d'eaux.
Malgré l'augmentation du nombre de salariés et du nombre de passagers en 2009, la consommation d'eau a à nouveau baissé grâce à la recherche systématique d'économies.
| Année |
Consommation d'eau potable
(m3) |
| 1990 |
336 500 |
| 2007 |
195 575 |
| 2008 |
202 672 |
| 2009 |
194 623 |
2. EAUX USEES
Il existe deux secteurs de production d'eaux usées sur l'Aéroport :
La zone ouest :
Elle comprend les hangars Boussiron et Fourès avec quelques sociétés de maintenance et la zone de résidence de la gendarmerie et des marins pompiers.
Le traitement se fait par la station d'épuration du SIA regroupant Marignane, Gignac la Nerthe et St Victoret. Cette station gérée par la Société des Eaux de Marseille a été mise en service en 1993.
La zone est :
Elle regroupe l'essentiel de l'activité aéroportuaire.
Le traitement est réalisé par la nouvelle station d'épuration de Vitrolles dont la 2 ème tranche a été inaugurée en 2008.
Cette station dernière génération préserve la bonne qualité des eaux de la cadière de l'Etang de Bolmon, et donc de l'Etang de Berre, grâce à des procédés de traitement très Performants.
3. EAUX PLUVIALES
3.1 Rappel
Contrairement à une idée reçue, l'eau de pluie n'est pas une eau propre.
Les études effectuées sur les eaux pluviales montrent qu'une partie de la pollution contenue dans les eaux de ruissellement est directement imputable à la pollution des eaux météorites (eau de pluie qui n'est pas encore tombée au sol) du fait de l'activité urbaine et industrielle.
A cela, s'ajoutent pour les aéroports les pollutions de différentes natures liées à son activité :
- les pollutions issues des voiries et des parkings automobiles avec les polluants caractéristiques des zones urbaines,
- les gaz de combustion des avions qui entraînent des dépôts sur les surfaces imperméabilisées,
- l'avitaillement peut également être une source de pollution même si les polluants générés par ces activités sont des hydrocarbures en très faible quantité (lors de problèmes spécifiques, les pompiers interviennent immédiatement pour absorber les produits),
- l'usure des revêtements et des gommes déposés par les avions lors de l'atterrissage,
- la pollution saisonnière liée au dégivrage des avions et déverglaçage des pistes. Ces produits à forte biodégradabilité sont très peu employés sur l'Aéroport Marseille Provence compte tenu des conditions climatiques.
3.2 Contexte juridique
Dans le domaine de l'eau, la réglementation repose sur la loi du 3 janvier 1992, dite loi sur l'eau, ainsi que sur le décret d'application du 29 mars 1993 modifié par le décret du 17 juillet 2006.
Cette loi fixe le cadre global de la gestion de l'eau en France.
Elle pose le principe de l'unité de la ressource en eau et s'appuie sur une notion très importante : l'eau fait partie du "patrimoine commun" de la nation.
Ceci implique que la qualité de la ressource en eau doit être surveillée et préservée dans un souci de développement durable et donc gérée de façon "globale et équilibrée".
En ce sens, l'article 10 de la loi sur l'eau ( art L 214-1 à L 214-6) soumet à un régime de déclaration ou d'autorisation préalable de l'administration les IOTA (installations, ouvrages, travaux ou activités) susceptibles d'avoir une incidence sur la ressource en eau.
Sont concernés, les IOTA réalisés par toute personne physique ou morale publique ou privée entraînant :
- Des prélèvements sur les eaux superficielles ou souterraines (restituées ou pas).
- Une modification du niveau ou du mode d'écoulement des eaux.
- La destruction des frayères, de zones de croissance ou d'alimentation de la faune piscicole.
- Des déversements, écoulements, rejets ou dépôts directs ou indirects, chroniques ou épisodiques même non polluants.
Un projet est soumis à la réglementation eau s'il entraîne au moins un de ses impacts.
Ainsi, les aéroports peuvent être concernés par une ou plusieurs de ces rubriques compte tenu des modes d'exploitation et d'usage de l'eau et de la configuration de leur infrastructure. C'est le cas avec les rejets d'eaux pluviales qui font l'objet soit d'une autorisation lorsque la surface du projet est supérieure à 20 ha, soit d'une déclaration lorsque la surface est comprise entre 1 et 20 ha.
La réalisation d'un dossier loi sur l'eau est alors nécessaire avant d'obtenir la délivrance d'un arrêté préfectoral d'autorisation de rejets des eaux pluviales.
3.3 - Le traitement des eaux pluviales a Marseille Provence.
Le contrôle de la qualité des rejets
A Marseille Provence, la surface imperméabilisée susceptible de drainer des pollutions en cas de fortes pluies est d'environ 170 ha. Les rejets pluviaux de l'Aéroport vers l'étang de Berre ont fait l'objet de plusieurs études qualitatives :
- L'étude CETE-APAVE, réalisée entre 1993 et 1995, a porté sur les points de rejets caractéristiques dans l'étang de Vaïne. Les résultats qualitatifs ont montré des concentrations relativement faibles, dans tous les cas inférieures aux valeurs observées généralement pour des zones imperméabilisées urbaines ou routières.
- L'étude du laboratoire central des Ponts et Chaussées datant de 1997 a porté sur le suivi annuel d'une zone plus restreinte identifiée dans l'étude CETE-APAVE comme le lieu de rejet le plus chargé de l'Aéroport. Il s'avère que les charges annuelles de pollution de cette zone de l'Aéroport sont comparables aux valeurs mesurées sur des sites autoroutiers pour la DCO (Demande Chimique en Oxygène), les MES (Matières En Suspension) et les hydrocarbures ; et sont moindres pour les métaux, les nitrites, les chlorures et les sulfates.
- Une étude datant de mai 2002 et réalisée par la Société des Eaux de Marseille dans le but de connaître la qualité des eaux pluviales au niveau des aires de stationnement internationales va également dans le même sens.
Le développement des moyens de rétention
Les principaux polluants à traiter sur une infrastructure aéroportuaire sont les MES, les hydrocarbures et les pollutions exceptionnelles. Pour remédier aux pollutions courantes et atteindre la qualité des eaux préconisée par les prescriptions réglementaires, le traitement des eaux pluviales est réalisé grâce à la mise en œuvre de deux types d'actions :
-
Un traitement à la source avant rejet vers l'exutoire pluvial
C'est le cas pour la zone des essenciers dont les activités relèvent du régime des installations classées. Les activités liées au stockage d'hydrocarbures ou de distributions sont équipées de cuvettes de rétention et de séparateurs d'hydrocarbures. D'autres exploitants sont également équipés de séparateurs d'hydrocarbures, notamment un certain nombre de loueurs de voitures.
- La mise en place d'ouvrages de traitement spécifique
L'Aéroport dispose essentiellement de deux dispositifs :
- Les séparateurs à hydrocarbures: Ils permettent d'extraire les hydrocarbures contenus dans les eaux de ruissellement.
- Les bassins de stockage et de décantation. piégeant les particules les plus lourdes contenues dans l'eau.
Trois ouvrages sont actuellement en service et permettent de traiter essentiellement les eaux pluviales provenant des pistes et des voies de circulation.
- Au sud-est, est en service un bassin de décantation et de séparation des eaux chargées en hydrocarbures qui proviennent essentiellement des aires de stationnement des avions de la Sécurité Civile et des parkings véhicules légers situés en zone publique.
- Sous les aires avions, nous disposons d'un bassin débourbeur et séparateur d'hydrocarbures d'une capacité de 100 m3. Il permet le traitement des eaux de ruissellement de la zone d'embarquement des halls 1, 2 et 3 et de mp².
- Au nord-ouest des installations en zone réservée, un bassin de rétention doté d'un séparateur d'hydrocarbures permet de réguler les flux en cas de fortes pluies et de limiter les rejets polluants dans l'Etang de Berre.
Afin de moderniser le réseau de traitement des eaux pluviales, une réflexion s'est engagée avec les services du Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire sur les investissements à réaliser et sur les priorités à mettre en œuvre.
En accord avec ce Ministère, un très important programme d'investissements de plus de 6 millions d'euros a été arrêté.
La première tranche de travaux porte sur la période 2010/2013 pour un montant de 1 500 000 €. La maîtrise d'œuvre vient d'être passée avec la Société des Eaux de Marseille.
Pour l'année 2010, il est prévu au programme d'équipement un investissement de 450 000 €.
|