
Marius Explore
Marius, une nouvelle manière de voyager

Notre magazine Marius, qui paraît trois fois par an dans sa version papier, prend désormais vie ici.
Retrouvez le meilleur de nos contenus : des rencontres enrichissantes, des destinations encore peu explorées, des phénomènes de société décryptés, des découvertes culturelles. #MariusExplore
La version papier continue bien sûr son aventure et le nouveau numéro est à retrouver à l’Aéroport de Marseille Provence et dans plusieurs lieux emblématiques et inspirants de Marseille et de la région !
La Réunion, île intense
La Réunion
Explorez l’île intense, où tout est source d’émerveillement.
Bienvenue sur l’île intense.
Dans ce département français situé à près de 10 000 km de la capitale, tout est source d’émerveillement. Le Piton de la Fournaise, l’un des volcans les plus actifs au monde, crée l’événement à chaque éruption, les trois cirques naturels offrent des paysages à couper le souffle et les baleines et leurs baleineaux se donnent en spectacle pendant l’hiver austral, de juillet à octobre.
Nous vous proposons ici de faire un pas de côté, hors des circuits touristiques. De plonger dans les ruelles de Terre Sainte, ancien quartier de pêcheurs de Saint-Pierre, au Sud, pour contempler le street art poétique et engagé, de savourer l’ombre de banians, face à la mer, avec la « pop kabar » de Tine Poppy dans les oreilles.
Aussi, comme la meilleure façon de comprendre le « melting pot » réunionnais est d’en déguster toutes les saveurs, un samoussa à la fois, direction la salle à manger chaleureuse et élégante du chef André Béton, grand spécialiste de la cuisine traditionnelle, qui partagera avec vous des récits passionnés (et vous régalera à coup sûr).
_____________________________________________________________________________________________________________
Terre-sainte
Un balcon sur l’océan Indien
Le quartier de Terre-Sainte à Saint-Pierre, la “capitale du sud de l’île”, ne ressemble à aucun autre. Par son charme, son ambiance, son évolution. Jadis un ghetto réservé aux esclaves puis aux affranchis, aux ouvriers du port et aux pêcheurs, il revêt aujourd’hui des airs “bobo”, au risque de chasser ses habitants historiques, faute de moyens. Promenade bohème avec un habitué des lieux.

Il y a ce front de mer en balcon sur l’avant-port et l’océan Indien. Puis ces pachydermes végétaux, les emblématiques banians aux feuilles presque vernies, procurant une ombre épaisse et salvatrice. Il y a aussi ce dédale de ruelles à travers de petites cases créoles serrées aux jardins soignés. Et puis, surtout, ce kaléidoscope de personnes aux visages et aux destins si différents : vieux pêcheurs du quartier au rendez-vous de conversations matinales, joggeuses pressées, plagistes insouciants, employés de la voirie...
Attirés par la douceur de vivre et l’esprit authentique, des familles se sont installées à Terre Sainte et quelques adresses prisées des touristes ont ouvert. Avec pour revers la hausse des prix de l’immobilier, devenus parfois inaccessibles aux descendants de pêcheurs.

Ses ruelles en désordre tranchent avec le plan carré et colonial de Saint-Pierre. Le quartier s’est bâti au XVIIIe siècle le long de l'embouchure de la rivière d’Abord. Juste en face, se trouvaient les entrepôts de la Compagnie des Indes, où étaient stockés le café et le sucre des grands domaines esclavagistes avant l’exportation. Ici, un peu à l’écart de la ville, logeait la main-d’œuvre servile, explique Marcel Tipveau, guide réunionnais passionné. Déambuler dans les venelles qui semblent pénétrer jusque dans les maisons, c’est aussi tomber sur des fresques du street art réunionnais ayant transformé certaines ruines en cris colorés.
En revenant vers le front de mer, il faut profiter de la boulangerie du quartier ou d’un des restaurants à la vue imprenable et apaisante sur la jetée qui s’avance vers les vagues aux reflets bleus, gris et turquoise, panachées d’écume.

Mais le meilleur moment pour visiter Terre Sainte, reste la fin de la journée. Passée la chaleur écrasante, les couchers de soleil somptueux avec des lumières du ciel lavande, rose et orange, rassemblent une petite foule face à la mer, le temps d’un apéritif ou d’un pique-nique familial. Un moment éternel qui résiste aux mutations du quartier.

_____________________________________________________________________________________________________________
André Béton, le métissage par la cuisine
Dans son restaurant, au pied du Piton de la Fournaise, André Béton sublime la cuisine créole traditionnelle, un des symboles du métissage de l’île.

C’est un voyage dans le voyage. Une rencontre avec une personnalité, un lieu emblématique de La Réunion, une cuisine. Son visage jovial, ses petites lunettes blanches et rondes et son éternel nœud-papillon ne sont pas forcément inconnus, en raison de ses apparitions dans les émissions « Cari VIP » ou « À la poursuite du meilleur rougail saucisses » de Canal+.
Jadis artiste-peintre, André Béton a ouvert La case d’André dans le village de Bourg-Murat, au pied du volcan. Son idée : recevoir comme à la maison.
On y est accueilli par un jardin créole luxuriant et un petit bassin, avant de pénétrer dans une salle garnie de multiples tableaux, objets, bibelots d’ici et d’ailleurs, et de meubles de famille. Les 14 convives sont attablés ensemble et partagent un repas, sur le principe de la table d’hôtes. Ici, les volailles sont cuites au feu de bois, selon la tradition. Et le cari, plat réunionnais par excellence, est si soigné qu’André s’est autoproclamé « caritologue ». « Je puise dans mes souvenirs d’enfance et je mets un point d’honneur à ne faire que des recettes locales », détaille-t-il.
Pas question toutefois de rester figé, car il défend « la tradition renouvelée avec des saveurs retrouvées ». Si les entrées sont rares dans les repas créoles, lui les invente avec des légumes ou des racines de l’île : taro, manioc, songe, patate douce. Ou encore ce pesto de kaloupilé, feuille de curry venue d’Inde ou ces chips de margoze, qu’on appelle aussi melon amer. Pour le dessert, on vous recommande le gâteau tison, à base de farine de maïs, cuit dans une marmite à même la braise.
Il est impossible de séjourner dans l’île sans parler cuisine. Parce qu’elle raconte ce territoire, son peuplement, ses métissages venus de Madagascar, des Comores, d’Europe, de Chine, d’Inde, d’Indonésie, du continent africain.
« Avec la cuisine, nous avons réussi le pari français : former une république en ayant chacun son culte », dit joliment André Béton.
« Être dans un seul pays avec toutes ses influences qui se nourrissent quotidiennement ». C’est pourquoi le massalé indien est sur toutes les tables, tout comme les samoussas, et les inévitables bouchons, petites bouchées cuites à la vapeur, d’influence chinoise. « Le mélange entre les cultures s’est aussi fait par la cuisine », décrit André Béton qui sait raconter La Réunion avec autant d’érudition que d’humour. Avec cette invitation simple et joyeuse, héritée des dancings de son enfance : « Venez nombreux ».
_____________________________________________________________________________________________________________
Tine Poppy reine de la pop créole
Parmi les pépites de la musique réunionnaise, Tine Poppy est l'une des plus brillantes. Inspirée par le séga traditionnel, cette ancienne gymnaste et journaliste compose des morceaux de pop créole qui rassemblent. À la fois intime et festif.

Avec son énergie créole et féminine, elle est la voix de La Réunion qui monte et l’une des sonorités les plus marquantes du moment. Avec deux albums, un nouvel EP, une tournée dans l’Hexagone et une série de concerts à venir, la chanteuse, autrice et compositrice Tine Poppy impose, « ti-pas ti-pas », comme l’on dit dans l’île, son style et sa personnalité.
Sa musique : « le pop kabar ». Un mélange qui fusionne des influences du séga traditionnel des Mascareignes (Réunion, Maurice, Rodrigues), avec des rythmes afro-caribéens, du zouk, du reggae.
« La musique de là où j’ai grandi, au Port, une cité assez populaire, confie Tine Poppy à Marius. Mon spectre musical est très large. Je les appelle les musiques du soleil ».
De la pop créole avec l’esprit kabar, ces fêtes réunionnaises qui mélangent à la fois du chant, de la musique et de la danse. Ses chansons se dévoilent comme les pages ouvertes d’un journal intime livrant ses sentiments, ses peines, ses joies. « C’est ça le kabar : dire ce que l’on a en nous, le partager et voir si cela parle aux autres. Pour que les gens se rassemblent ». Ses compositions portent avant tout l’empreinte du trombone. Pas un seul, mais deux qui subliment ses concerts par leur audace cuivrée, et une allégresse partagée. « L’un de mes instruments préférés » sourit-elle.

« Tine Poppy est une artiste complète qui apporte un style de musique incomparable dans l’île », apprécie Annaëlle Grondin, enseignante, musicienne et réalisatrice des podcasts enTRACKt, dont l’un est consacré à Tine Poppy.
Sa marque reste aussi celle de ses tenues de scène flamboyantes, soigneusement découpées, et qu’elle fabrique elle-même. « Je compose mes morceaux et, en même temps, je crée mes tenues », confie-t-elle. « Je cherche une certaine élégance sur scène. C’est aussi l’art de vivre réunionnais. C’est un de mes combats ». Comme celui d’être la leader d’un groupe dans un milieu artistique encore dominé par les hommes et où peu de femmes parviennent à vivre de leur musique. En toute liberté.
Réservez dès maintenant vos billets pour l'île de La Réunion. Goûtez à la douceur de vivre, laissez-vous envoûter par les paysages grandioses, les saveurs créoles et la chaleur de son accueil.
Liens utiles
Destinations liées
