Marius Explore

Marius, une nouvelle manière de voyager


Notre magazine Marius, qui paraît trois fois par an dans sa version papier, prend désormais vie ici.
Retrouvez le meilleur de nos contenus : des rencontres enrichissantes, des destinations encore peu explorées, des phénomènes de société décryptés, des découvertes culturelles. #MariusExplore
La version papier continue bien sûr son aventure et le nouveau numéro est à retrouver à l’Aéroport de Marseille Provence et dans plusieurs lieux emblématiques et inspirants de Marseille et de la région !

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ROME, LA GRANDE BELLEZZA

Rome

Découvrez Rome, capitale de l’imaginaire romantique, qui éveille tous les sens à la fois.

“Roma si trasforma” indiquent de grands panneaux colorés dans les rues de la cité millénaire. Les églises sont rénovées, les parcs réaménagés pour accueillir les nouveaux rituels de l’époque, mais la Ville Éternelle, multiple, flamboyante, cinématographique, continue à produire sa magie légendaire. Rome se vit en Vespa, à vive allure, Rome se goûte, à chaque heure du jour, dès le cappuccino e cornetto du matin, Rome se partage comme un festin joyeux.
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PIAZZA VITTORIO ET L’ESQUILIN, LIEUX PLURIELS

Entre vestiges antiques, cultures du monde et nouvelles scènes créatives, Piazza Vittorio, cœur du quartier de l’Esquilin, raconte une autre Rome.  
 
Piazza Vittorio n’est jamais tout à fait silencieuse. Dès le matin, la place s’anime. Parents pressés, enfants qui traversent les jardins en cartable, sous les palmiers, les platanes et les magnolias, étudiants attablés sous les portiques, voyageurs ébahis sortis de la gare Termini. Ici, on ne visite pas Rome, on y vit ou on y passe, parfois pour longtemps.  
 
Les Romains disent simplement « Piazza Vittorio » pour désigner la Piazza Vittorio Emanuele II, vaste rectangle tracé en 1882, lorsque Rome devient la capitale du jeune royaume d’Italie. Pour accueillir les fonctionnaires fraichement débarqués de Turin et de Florence – sans trop les déboussoler - l’architecte Gaetano Koch imagine une structure typiquement piémontaise : portiques réguliers, arcades continues, monumentalité mesurée.  
 
Une place majestueuse, d’une élégance aujourd’hui un peu décadente, qui connait un regain d’énergie perceptible. Adossé à la gare centrale de Termini, le quartier de l’Esquilin est devenu l’un des territoires les plus cosmopolites de Rome. Chinois, Indiens, Pakistanais,  
 
Africains et Romains y cohabitent naturellement et activement. À l’école Di Donato, souvent citée comme modèle d’intégration, les langues se mélangent dans la cour. Un peu plus loin, l’immeuble autogéré Spin Time accueille près de 400 personnes de 27 nationalités, symbole d’une porosité sociale et politique rare dans la capitale.  
 
En 2024, l’Accademia Costume e Moda, la grande école de Mode de la capitale, choisit d’ouvrir son nouveau campus sous les arcades de la place. En mettant en vitrine ses ateliers de coutures et en ouvrant sa bibliothèque de mode à tous, elle a immédiatement su créer un dialogue fécond avec son environnement.  
 
À la tombée du jour, Piazza Vittorio change encore de visage. On chante au kiosque de Nana et Ciullo, on célèbre le Nouvel An Lunaire, on assiste à une rencontre littéraire ou, l’été, à une projection de cinéma en plein air. « Le quartier s’est transformé sans basculer dans une gentrification brutale », résume Luisa, habitante de longue date. Écrivains, acteurs, artistes et photographes y trouvent un terrain plus libre, moins codifié que dans d’autres quartiers romains. On y croise Jasmine Trinca promenant son chien ou encore Willem Dafoe, qui y a son pied-à-terre.  


 

Aujourd’hui, l’Esquilin mêle vieux rades et nouvelles adresses, vestiges antiques et galeries contemporaines, cuisines du monde et institutions locales.  

Des étals parfumés du marché indien au mythique restaurant chinois Sonia, jusqu’à la pâtisserie Regoli, temple incontesté du maritozzo parfait, Piazza Vittorio raconte une ville-monde, vivante, profondément romaine.  

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LIVIA LAZZARI IMPERFECTION MAITRISÉE  

Créatrice de la marque de bijoux Voodoo Jewels, Livia Lazzari invite à découvrir sa ville intime à travers des pièces pensées comme des talismans modernes.  
 
A première vue, le destin de Livia Lazzari semblait tracer ailleurs. Diplomatie, Finance, un parcours solide et rationnel. Mais la petite fille de six ans qui faisait des colliers de perles n’a jamais disparu. « Le jeu de l’enfance était en réalité une nécessité », résume-t-elle avec poésie.  
 
Après un lycée international, Livia intègre l’IED (Institut Européen de Design) à Rome pour se former à la création de bijoux, tout en développant un savoir-faire patiemment affiné en autodidacte. Quelques stages, une expérience dans le Nord de l’Italie chez un orfèvre de renom, puis l’évidence : le retour à Rome, par besoin d’ancrage autant que par désir d’indépendance. En 2012, à seulement 24 ans, elle fonde sa marque, Voodoo Jewels.   
 
Son inspiration se nourrit avant tout du voyage. L’Inde, le Mexique, le Maroc, le Japon jalonnent ses collections comme autant de territoires intérieurs. « En Inde, quand j’ai découvert les pierres naturelles, ça a été presque mystique », raconte-t-elle. Le point de départ d’une ligne de « fine jewelry » en argent plaqué or qui dialogue avec une ligne plus accessible, en bronze et pierres synthétiques. Des créations contemporaines et rebelles, talismans d’affirmation de soi et de liberté.  

Physiquement, Livia incarne cet univers. Une allure de bimba rockeuse, les mains couvertes de bagues accumulées comme des amulettes, les ongles vernis de couleurs psychédéliques, l’eyeliner qui souligne ses grands yeux félins. La joaillère vit et travaille à Monteverde Vecchio, sur les hauteurs du Janicule, dans le palazzo familial construit par ses arrière-grands-parents. Au rez-de- chaussée, son atelier, où s’active une équipe entièrement féminine. Chaque bijou est fabriqué à la main selon le procédé de la cire perdue, une technique de moulage méticuleuse qui requiert des trésors de patience et de savoir-faire.  

Quand elle ne met pas son énergie débordante dans ses créations, elle transmet son approche libre du métier à l’IED, dans le cadre du master de « jewelry design ». Dans le même élan passionné, Livia ouvre ce printemps sa première boutique dans le quartier central et historique de Monti. Une nouvelle étape pour Voodoo Jewels, dont le public d’adeptes se chuchotait jusqu’ici l’adresse de l’atelier, du site internet, et d’une poignée de revendeurs à travers l’Italie.  
 
Les procédés, eux, ne changent pas : pour celle qui a publié, sur son compte Instagram, une ode à l’imperfection, chaque bijou est unique et la surproduction ne sera jamais une option.   
 

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JEREMY NGUYEN, PASSEUR DE GOUT  

 

Entre Marseille et Rome, Jeremy Nguyen a trouvé sa ligne : le vin, la salle, l’accueil. Ex-figure de l’Épicerie L’Idéal, il est aujourd’hui oste chez Amerina, et fait circuler les goûts comme on tisse des liens.  
 
L’œnologue marseillais, trentenaire, s’est installé dans la capitale italienne en 2024 après avoir longtemps fait l’aller-retour, dans une continuité naturelle, comme un fil tiré entre deux villes qui se comprennent.  


 

À Marseille, sa réputation est solide, après neuf ans à l’Épicerie L’Idéal, une institution locale. Arrivé pour un stage d’œnologie, il devient vite incontournable en salle : passeur enthousiaste, il guide les clients « pour déguster, faire marcher les sens ».  

Le vin comme langage commun, le contact humain comme moteur. L’Italie n’est pas une découverte tardive pour Jeremy. Il y a eu la langue, dès le collège, puis, dans la vingtaine, des amitiés profondes et fidèles avec des Romains installés à Anguillara, village posé sur les berges du lac de Bracciano, où il continue de retourner chaque été. Sa trajectoire aurait pu bifurquer. La chimie, la vente de churros sur la plage, l’import-export... Autant de facettes d’une personnalité curieuse, animée par l’envie d’apprendre. Et puis il y a l’ancrage dans le restaurant vietnamien de sa famille : « j’ai grandi en cuisine, ça marque. » Mais ce sont finalement le vin et le public qui lui permettent de s’exprimer pleinement.  
 
À son arrivée à Rome, il croise le chef français Arturo Franzino, tout juste sorti de la Villa Médicis. Ensemble, ils investissent Ruma Bottega, petite épicerie où le lait de bufflonne de la Maremme se décline en mozzarella, fromages affinés et même en glaces. Carte blanche, plusieurs mois, une rumeur qui enfle : le lieu ne désemplit pas. Une saison en appelle une autre, les connexions se multiplient. Jeremy explore les vins du Latium, se lie d’amitié avec des vignerons, vendange, embouteille. Toujours « avec passion et sincérité ».  

Aujourd’hui, il officie chez Amerina, près de Campo de’Fiori, le royaume de la pizzetta – une pizza de 18 cm de diamètre cuite à la poêle. Son rôle ? Oste, « maître des lieux » et de la carte de vins, fidèle à son approche : précise, généreuse, sans artifice.  
 
Entre Rome et Marseille, il énumère les (nombreux) points communs : la fierté d’appartenance, le chaos de la ville, le quart d’heure de retard autorisé, la vie sans stress, le beau temps et par-dessus tout, une authenticité qui prime sur le reste.  
« Avec les Romains comme avec les Marseillais, il faut faire les choses avec le cœur, surtout dans des lieux de convivialité, même les plus simples. Sinon, ils ne te le pardonnent pas. »  

Réservez dès maintenant vos billets pour Rome. Goûtez la ville, délectez-vous de l’accent chantant comme des mets délicieux.


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